Discours du roi Willem-Alexander lors du déjeuner officiel à l’occasion de la visite du Président François Hollande

Monsieur le Président,

C'est un grand plaisir de vous recevoir ici, à La Haye.

La France et les Pays-Bas sont des alliés politiques et économiques de longue date, mais l'attachement de nombreux Néerlandais à votre pays est plus profond que cela. C'est comme une passion que nombre de mes compatriotes partagent pour la France, sa culture, sa beauté et son art de vivre.

Aux Pays-Bas, nous fêtons cette année le bicentenaire de notre Royaume. Mais, moi qui suis historien de formation, je ne peux pas ignorer que notre tout premier roi était français. Le frère de l'empereur Napoléon, le roi Louis, a régné quatre ans sur la Hollande.

Nous lui devons bien des choses ! Le Rijksmuseum, la Bibliothèque royale, le Code civil et un meilleur enseignement. Autant dire un héritage imposant.

Monsieur le Président,

En tant que membres fondateurs de l'Union européenne, nous mesurons toute l'importance de la coopération. Nous avons souvent notre propre avis. Mais là où la France et les Pays-Bas se trouvent, il y a généralement la base d'un bon compromis européen.

Ces dernières années, nos positions convergent de plus en plus souvent. Ensemble, nous devons faire face à une tâche décisive : trouver une sortie de crise ; faire passer des réformes ; porter l'innovation et créer des emplois. Et nous assurer que la voix de l'Europe continue à se faire entendre clairement et fortement dans le concert des grandes puissances.

Les nombreux résultats des dernières années au niveau européen sont encourageants. Les récentes décisions sur l'union bancaire en sont un bon exemple. La leçon du passé a été tirée. La France joue un rôle de premier plan dans ces efforts, et les Pays-Bas se félicitent de poursuivre avec elle la construction d'une Europe forte. Une Europe à visage humain, dans laquelle nos concitoyens se reconnaissent.

Notre foi en la solidarité va plus loin que les frontières nationales et européennes. Nous considérons avec la plus grande estime le rôle moteur que la France assume en faveur du droit international. Votre intervention au Mali et en République centrafricaine en est un bon exemple. Les Pays-Bas se tiennent à vos côtés dans la défense de la paix et de la sécurité dans le monde.

La France commémore cette année la Première Guerre mondiale et ses horreurs. Votre engagement en faveur de la paix dans le monde procède de la conscience historique que la liberté exige des sacrifices. Dans cette optique, vous vous montrez un véritable leader européen.

Monsieur le Président,

Vous faites aujourd'hui le Voyage de Hollande dans les pas de votre illustre compatriote Diderot, il y a deux cent quarante ans. Selon lui, mon pays n'était « pas trop habitable ».

Heureusement, Diderot appréciait davantage la vigueur économique de la Hollande, son industrie, son commerce et l'ardeur au travail de ses habitants.

J'espère que vous apprécierez aussi ces atouts. Cet après-midi, vous allez faire plus ample connaissance avec des entreprises néerlandaises. Elles symbolisent la solidité de nos relations économiques.

À titre d'exemple, je citerai simplement le mariage réussi entre Air France et KLM. Ou encore, l'implantation en France, même à Paris, de plusieurs magasins Hema, marque emblématique des Pays-Bas!

Beaucoup de Néerlandais ont, monsieur le Président, une affection particulière pour votre pays.

Et chaque année, au moment de la Grande Boucle, les passions s'enflamment. Vous imaginez ce que veut dire pour nous, Néerlandais, le Grand Départ du Tour 2015 à Utrecht, au cœur des Pays-Bas.

La fièvre monte déjà!

Notre amitié et notre foi en l'avenir nous unissent !

C'est dans cet esprit que je vous invite à lever votre verre avec moi.

À votre santé, Monsieur le Président, mesdames et messieurs, à notre coopération, au bonheur et à la prospérité du peuple français!

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